10 films à voir pour comprendre l'art du montage dans les films !
Temps de lecture : 4 minutes
Auteur : l'équipe rédaction du site formation-montage-video.com
Lorsqu'on entend parler d'un bon film, il est souvent question des acteurs, du scénario, ou encore de la musique de films. Et, un aspect que l'on peut parfois oublier est le montage des films. Pourtant, c'est une étape cruciale de la postproduction et elle nécessite une formation en montage vidéo excellente pour arriver à de bons résultats. En réalité, le montage cinématographique, c'est l'essence même du septième art.
Voici dix films cultes qui illustrent la magie du montage au cinéma. Pour toute personne souhaitant se former au montage vidéo, ou les passionnés qui veulent comprendre comment l'assemblage des plans crée une narration puissante, voici quelques films à voir pour leurs techniques de montage !
1. La narration par le rythme : Raging Bull (1980)
Dans ce film, le réalisateur Martin Scorsese et sa monteuse Thelma Schoonmaker (lauréats de 3 Oscars du meilleur montage et collaboratrice historique du cinéaste) utilisent diverses techniques de montage pour sculpter la psyché du personnage. Le rythme des combats n'est jamais le même : il s'adapte à la tension intérieure de Jake LaMotta. C'est un travail monumental car la monteuse ne doit pas seulement assurer la continuité, elle doit traduire une émotion.
Chaque coupe (cut) est pensée pour placer le spectateur sur le ring. La musique et l'étalonnage en noir et blanc renforcent ce sentiment de tragédie antique. La scène la plus connue, qui lui vaut d'être souvent nommé meilleur film pour son montage vidéo, est la scène de combat final au rythme suffocant.
2. L’art du découpage et de la tension : Psychose (1960)
Le réalisateur Alfred Hitchcock a travaillé ici avec le monteur George Tomasini. Ensemble, ils ont redéfini le découpage technique et la manipulation de l'audience. Dans ce chef-d'œuvre du cinéma, la célèbre scène de la douche est l'exemple parfait d'un montage cinématographique suggestif. En multipliant les points de coupe (78 plans et 52 coupes, 62 000$ dollars et sept jours de tournage, pour 45 secondes), Tomasini crée une agression visuelle sans jamais montrer l'irréparable.
Le monteur utilise ici la vitesse de l'image pour générer une tension insoutenable. C'est une leçon de narration visuelle où la caméra devient une arme.
« Il signe ce coup de maître grâce au montage et le public, pris dans l'action, se laisse emporter. Chaque coupure est comme un coup de couteau. »
– Janet Leigh on The Making of 'Psycho'
3. Le montage discontinu et le drame : Juste la fin du monde (2016)
Xavier Dolan, qui assure souvent lui-même le montage de ses films, utilise ici un montage discontinu pour briser la continuité classique et isoler ses personnages. Dans ce film de fiction, chaque passage est une confrontation directe où le réalisateur-monteur impose son point de vue par des gros plans étouffants et des raccords brusques. Cette isolation est amplifiée par des contrastes puissants, qui laissent un personnage seul lorsqu'il enlace un membre de sa famille.
Ce type de montage au cinéma sert à illustrer l'incommunicabilité familiale en empêchant le spectateur de détourner le regard. L'analyse de ce film montre une compréhension fine de la technique mise au service d'un drame psychologique oppressant, c'est un très bon sujet à présenter pour beaucoup d'étudiants en école de montage.
4. L’énergie des films de comédie musicale : All That Jazz (1979)
Le monteur Alan Heim a reçu l'Oscar du meilleur montage pour ce film, également lauréat de la Palme d'or du Festival de Cannes 1980. Dans All That Jazz (Que le spectacle commence), le montage cinématographique devient une véritable chorégraphie. Chaque prise de vue s'imbrique parfaitement dans la suite de la séquence de manière millimétrée. Un effet de liaison magistral est créé par Heim pendant la scène finale.
C'est une fusion parfaite entre musique, montage vidéo et mouvement. Cette technique montre que le monteur est un chef d'orchestre qui organise le contenu visuel pour créer une symphonie de points de coupe.
5. L'action pure et le montage centré : Mad Max: Fury Road (2015)
Plus de 480 heures de rushes pour ce film d'action frénétique, et le défi était de garder une clarté absolue malgré un rythme de coupe épuisant. Le principe utilisé est le "montage centré" (plus souvent appelé center-framed editing) : le sujet principal est toujours placé au centre. Dans Mad Max : Fury Road, la monteuse Margaret Sixel et le réalisateur George Miller ont décidé que l'élément important serait toujours au même endroit : au centre. L'œil n'a pas à chercher l'action, elle lui est exposée.
Ce travail de postproduction titanesque a été récompensé par un Oscar du meilleur montage parmi les 6 distinctions reçues lors de cette cérémonie du cinéma.
6. Raccord plastique et lyrisme : 2001 : l'Odyssée de l'espace (1968)
Le monteur Ray Lovejoy a collaboré avec Stanley Kubrick pour créer ce qui est considéré comme un des meilleurs raccords du cinéma. Dans ce film de science-fiction, le montage est technique de postproduction, mais aussi métaphore philosophique. Le point de vue de Kubrick sur l'évolution humaine est résumé en un raccord magistral : un os lancé par un singe qui tournoie dans le ciel il y a 4 millions d'années se transforme instantanément en un vaisseau spatial.
La forme et le mouvement de l'os sont similaires à ceux du satellite et brisent la continuité temporelle : ce match cut (raccord plastique) associé à un montage elliptique relève du génie technique. Pour tout étudiant en audiovisuel, le style de Kubrick est une leçon de montage narratif qui fascine encore aujourd'hui.
- Martin Scorsese, Scorsese on Scorsese
7. Le montage discontinu et les jump cuts : Shaun of the Dead (2004)
Chris Dickens (Oscar pour Slumdog Millionaire) a travaillé avec Edgar Wright (la trilogie Cornetto) pour transformer le montage vidéo en un ressort comique. Les cuts sont ici une forme de ponctuation grâce à la succession de jump cuts (coupe franche) et de zoom incrustés.
La scène de préparation du matin rend héroïques des actions banales, se laver les dents, se faire une tartine, et amplifie le comique du film parodique. C'est une technique de montage qui rend le sujet léger et moderne, captivant immédiatement l'audience.
8. Onirisme et technique du montage parallèle : Inception (2010)
Nolan joue avec les limites de la réalité en s'associant avec le monteur Lee Smith pour pousser la technique du montage parallèle dans ses derniers retranchements. L'histoire se déroule sur quatre niveaux temporels simultanés. Le défi de la continuité est immense : Smith doit maintenir la cohérence : chacune des deux scènes possède ses teintes, sa musique, ses actions.
C'est un exemple impressionnant lorsqu'on veut apprendre le montage vidéo, et qu'on visionne la scène alternée entre le van et l'affrontement dans les couloirs, harmonisés sur une même timeline malgré les différences de temporalité.
9. Le montage alterné historique du cinéma : Le Parrain (1972)
Le monteur William Reynolds (assisté de Peter Zinner) a conçu la séquence du baptême qui commence par un calme apparent avant de basculer dans la violence. Le montage utilisé est un montage alternatif, créé par le contraste saisissant entre les paroles sacrées et les exécutions brutales.
C'est l'application directe de l'Effet Koulechov : le sens naît de la collision entre ces deux plans. Cette technique de montage cinématographique transforme Michael Corleone en un nouveau parrain sous les yeux du spectateur, concluant cette histoire de famille par un pacte (et un bain) de sang inoubliable.
10. Le Director's Cut et l'ampleur narrative : Le Seigneur des Anneaux (2001-2003)
La trilogie de Peter Jackson est un cas d'école commun du pouvoir de la post-production. Les monteurs John Gilbert, Michael Horton et Jamie Selkirk (Oscar du meilleur montage pour Le Retour du Roi) ont dû gérer une masse colossale de rushes issus d'un tournage simultané de trois films. Si la version cinéma est déjà magistrale, le Director's Cut (version longue de 4 h 22) transforme l'expérience en une épopée totale.
Ici, il faut réinsérer des scènes qui développent la profondeur des personnages et la mythologie de l'histoire, sans jamais briser le rythme. Ce passage de la version courte à la version longue prouve qu'un même assemblage de départ peut donner deux films aux souffles très différents.
Ces films et techniques cités dans cet article montrent bien la qualité et l'importance d'un montage vidéo professionnel au cinéma. Mais au-delà de la technique pure, le montage est avant tout le fruit d'une collaboration étroite. Le réalisateur apporte la vision globale et l'intention artistique, tandis que le monteur apporte son expertise technique et son regard critique pour structurer le récit.
Le cinéma est un art, et reste objectif. Nourrissez votre culture et faites-vous vos propres avis, d'autant plus si vous souhaitez vous former en audiovisuel : faites des formations, des stages, suivez les actualités. Le montage cinématographique est un langage universel ; apprenez à le parler avec précision pour captiver votre audience et donner vie à vos projets les plus ambitieux.